L'enfant de la terrasse
À quatre ans, elle tape dans un ballon sur la terrasse enneigée d'un appartement d'Oran. Ses parents voudraient de la danse classique. Elle voudra du terrain.
Dounia Mesli naît à Oran en 1993, grandit à Tlemcen jusqu'à ses six ans, puis rejoint la France avec sa famille — un départ qui mêle la maladie d'un frère et la fuite d'une décennie algérienne noire. Le football, elle le regarde à la télévision en rêvant d'un championnat professionnel qui n'existe pas encore pour les filles de son âge.
Elle n'aura joué en club qu'une saison, à Hénin-Beaumont, en 2013. Tout le reste, elle le rattrape en l'écrivant.
2014 : la fondation
En janvier 2014, à 21 ans, elle prend la direction d'une SARL toute neuve : Cœurs de Foot. Umalis Group détient 51 % du capital, elle en détient 49 %. C'est la première fois qu'un groupe coté sur Euronext adosse sa marque à un média spécialisé football féminin.
Le gouvernement français reconnaît rapidement la qualité d'entreprise de presse en ligne. La carte de presse suit. Le trafic aussi.
Le style Mesli
Terrain d'abord. Elle est de ces journalistes qu'on reconnaît au bord du terrain à leur proximité avec les joueuses, aux vestiaires qu'elles n'esquivent pas, aux bus d'équipe qu'elles suivent depuis l'hôtel jusqu'au stade. À la CAN 2022 au Cameroun, la presse camerounaise la décrit comme la journaliste la plus investie de la compétition — elle aura été invitée à déjeuner par Samuel Eto'o.
Critique ensuite. Après l'élimination des Bleues face à l'Allemagne à l'Euro 2025, elle publie une lettre ouverte à la Ministre des Sports. Pas un billet d'humeur : une demande argumentée de refonte structurelle, plan clair de professionnalisation, exigence de compétence aux postes clés. Le ton est frontal. La reprise, large.